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Requin nourrice : une force tranquille

mer. 15 févr. 2017

Parmi les requins qui peuplent la mer des Caraïbes, le requin nourrice (Ginglymostoma cirratum) constitue l’une des espèces les plus communes. Ces prédateurs se nourrissent de petits poissons, mollusques ou crustacés. En plus d’être donc tout à fait inoffensifs pour l’homme, ils jouent un rôle particulièrement important dans la régulation des populations de leurs proies.

Pour mieux comprendre le rôle de ces animaux, les chercheurs ont décidé d’étudier de plus près leur métabolisme. Ils ont pour cela capturé huit jeunes requins nourrices, qui mesuraient tous près d’un mètre de long (les adultes pouvant atteindre plus de trois mètres). Ramenés en laboratoire, les individus ont été placés dans des respiromètres, autrement dit des aquariums dans lesquels la concentration de l’oxygène dissout dans l’eau est mesurée pendant un temps déterminé, au cours duquel aucun échange avec l’extérieur n’est possible. De telles mesures permettent d’estimer l’oxygène nécessaire à l’animal pour assurer son métabolisme de base, c’est-à-dire en l’absence de toute activité particulière.

Les différentes sessions de mesures ont été effectuées de jour comme de nuit, pour représenter à la fois la période d’activité du requin, aux mœurs nocturnes, et sa période de repos. Les résultats aboutissent à la consommation d’oxygène la plus basse jamais mesurée chez les requins, à taille et température égales. Ce record de flegmatisme pourrait être dû au mode de vie de l’espèce. En effet, beaucoup de requins sont obligés de nager constamment, afin de créer un courant d’eau à travers leurs branchies. Les requins nourrices sont, eux, capables de pomper l’eau directement avec leur bouche, leur permettant de respirer en étant tout à fait immobiles. Ils ont donc un mode de vie particulièrement sédentaire, se reposant toute la journée dans des crevasses avant de partir en chasse la nuit. Ce qui intrigue les chercheurs, c’est qu’en dépit de ce métabolisme ralenti, les requins nourrices grandissent et se reproduisent à des vitesses similaires aux autres requins. Un secret qui nécessitera d’autres études avant d’être dévoilé.

Sophie Labaude

Référence :
Whitney, N.M., Lear, K.O., Gaskins, L.C. & Gleiss, A.C. 2016. The effects of temperature and swimming speed on the metabolic rate of the nurse shark (Ginglymostoma cirratum, Boaterre). Journal of Experimental Marine Biology and Ecology, 477, 40-46.

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