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Des requins suivis à la trace

ven. 12 oct. 2018

Savoir où se trouvent les requins peut être rassurant pour les baigneurs. Mais les suivre à la trace peut surtout avoir d’autres intérêts, en particulier pour les chercheurs. Connaître le mouvement des animaux et leur répartition dans l’espace permet en effet de mieux comprendre leurs interactions avec leur environnement, y compris avec les autres espèces, et ainsi d’adapter les actions de conservation. Trois espèces de requins ont ainsi été suivies de près par différentes équipes de chercheurs.

Sur la côte de l’île Saint-Jean, dans les îles Vierges américaines, pas moins de 17 jeunes requins borés (Carcharhinus limbatus) ont été équipés d’une balise acoustique, un petit dispositif émettant des sons qui permet la détection de l’animal à distance. Après les avoir capturés et placés sur le dos, une position qui induit chez les requins un état d’immobilité tonique, sorte de paralysie hypnotique, les chercheurs ont procédé à l’implantation de l’émetteur dans le corps de l’animal. Les mouvements étaient ensuite suivis grâce à 25 détecteurs acoustiques dispersés dans la baie. Après une année de suivi, les résultats montrent un pattern de migration horizontale journalière. Autrement dit, les requins ne passent pas leurs nuits aux mêmes endroits qu’ils passent leurs journées !
Dans une autre étude menée dans les Bahamas, ce sont 14 requins de récif (Carcharhinus perezi) qui ont reçus des balises acoustiques. Deux mois de suivi ont suffi pour montrer que les mâles parcourent de plus grands territoires que les femelles. Enfin, aux alentours de Cuba, trois femelles requins soyeux (Carcharhinus falciformis) ont été dotées d’une balise satellite, un dispositif permettant un suivi plus complet que les balises acoustiques. Les données révèlent les préférences des requins en termes d’habitat : température, profondeur moyenne… Elles montrent également un pattern de migration journalière, verticale cette fois : les requins passent plus de temps en profondeur pendant la journée que pendant la nuit. Ces données utiles permettent de mieux comprendre l’écologie de ces trois espèces, mais aussi d’observer l’impact de certaines perturbations telles que… l’éco-tourisme !

Article proposé par Sophie Labaude

Hueter, R. E., Tyminski, J. P., Pina-Amargós, F., Morris, J. J., Abierno, A. R., Valdés, J. A. A., & Fernández, N. L. (2018). Movements of three female silky sharks (Carcharhinus falciformis) as tracked by satellite-linked tags off the Caribbean coast of Cuba. Bulletin of Marine Science, 94(2), 345–358.
Legare, B., Skomal, G., & DeAngelis, B. (2018). Diel movements of the blacktip shark (Carcharhinus limbatus) in a Caribbean nursery. Environmental Biology of Fishes, 101(6), 1011–1023.
Shipley, O. N., Brownscombe, J. W., Danylchuk, A. J., Cooke, S. J., O’Shea, O. R., & Brooks, E. J. (2018). Fine-scale movement and activity patterns of Caribbean reef sharks (Carcharhinus perezi) in the Bahamas. Environmental Biology of Fishes, 101(7), 1097–1104.

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